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CRM pour bureau d’études : pourquoi les déploiements échouent, et quoi choisir

Un bureau d’études n’a pas un problème de CRM. Il a un problème de raison d’appeler. Comparatif des solutions, et diagnostic de ce qui fait qu’un CRM finit vide au bout de six mois.

Nathan GoutagnyFondateur de NateSystem

Il existe un scénario que presque tous les bureaux d’études ont vécu. Un CRM est choisi, souvent bien. Les données sont reprises. Deux formations ont lieu. Trois mois plus tard, le pipeline est à jour. Au sixième mois, il ne l’est plus. Au douzième, on cherche un autre CRM.

Changer d’outil ne règle pas ce cycle, parce que la cause n’est pas dans l’outil. Ce comparatif présente les solutions, puis explique ce qui doit être vrai pour qu’un CRM tienne dans ce métier.

Pourquoi le CRM se vide dans un bureau d’études

Trois causes, dans cet ordre d’importance.

Les trois causes réelles
  1. 01
    Ce n’est le métier de personneLe chargé d’affaires qui vend produit aussi. Quand une échéance de livrable arrive, la mise à jour du pipeline saute, et c’est le bon arbitrage à cet instant. Un CRM qui suppose un commercial à temps plein ne survit pas à ce métier.
  2. 02
    La double saisieSi l’opportunité vit dans le CRM et l’affaire dans l’ERP, quelqu’un ressaisit. Cette personne finit par ne mettre à jour qu’un seul des deux systèmes, et c’est celui qui sert à facturer.
  3. 03
    L’absence de raison légitime de relancerUn BE vend de l’expertise. Appeler « pour prendre des nouvelles » place l’expert en position de demandeur, ce qui est humiliant. Sans motif technique concret, la tâche de relance est reportée indéfiniment : quel que soit l’outil qui l’affiche.
Un bureau d’études ne relance pas ses comptes parce qu’il n’a pas de raison légitime de le faire. Pas parce qu’il lui manque un outil de relance.

La troisième cause est la plus coûteuse, et c’est la seule qu’aucun CRM du marché ne traite. Elle est développée dans relancer d’anciens clients sans être gênant.

Les solutions comparées

SolutionTypePertinent quandLimite principale
CRM intégré à l’ERP métierEverwin, Akuiteo, Fitnet, DeltekVous déployez ou avez déjà un ERP métierFonctions commerciales plus basiques qu’un CRM dédié
PipedriveCRM commercial légerPetite équipe, besoin d’un pipeline visuel simpleNe modélise pas l’affaire ni les phases
HubSpotCRM + marketingVous avez une démarche de contenu et d’inboundLe coût grimpe vite avec les modules ; surdimensionné pour un BE classique
SellsyCRM + facturation, françaisPME française qui veut lier devis, facture et suiviLogique produit/service plus que logique affaire
AxonautGestion PME françaiseStructure de moins de 20 personnesTrop léger dès que la gestion à l’affaire devient centrale
SalesforceCRM d’entrepriseGroupe international, processus complexes, équipe dédiéeCoût et charge d’administration disproportionnés pour un BE de 30 à 80 personnes
Six approches, pour trois situations différentes.

La conclusion pratique est assez stable : pour un bureau d’études de 20 à 100 personnes, le CRM intégré à l’ERP métier l’emporte dans la plupart des cas. Pas parce qu’il est meilleur fonctionnellement (il ne l’est pas), mais parce qu’il supprime la double saisie, qui est la première cause d’abandon.

Le seul critère de sélection qui prédit l’adoption

Pendant la démonstration, chronométrez une seule opération : un e-mail entrant contenant une consultation arrive ; combien de temps faut-il pour qu’une opportunité existe dans le système, rattachée au bon compte, avec la pièce jointe et une date de remise ?

En dessous de trente secondes, l’outil a une chance. Au-delà de deux minutes, il sera contourné, quel que soit le reste de ses fonctions. Tout le reste (tableaux de bord, prévisions, scoring) ne sert à rien si l’entrée de données ne se fait pas.

Ce qu’un CRM ne fera jamais pour vous

Un CRM enregistre des relations et des étapes. Il ne fabrique pas de motif d’échange. Or dans ce métier, le motif est presque toujours technique : une mission comparable livrée depuis, un retour d’expérience qui concerne le site du client, une évolution réglementaire sur un sujet déjà traité ensemble.

Ce motif existe. Il est dans un projet livré il y a quatre ans que personne ne retrouve. Le lien entre l’historique commercial et le patrimoine technique n’est dans aucun CRM du marché, parce qu’il suppose de traiter les deux ensemble. C’est le sujet de quand l’information existe mais que la décision reste difficile.

Questions fréquentes

Quel CRM choisir pour un bureau d’études ?
Dans la majorité des cas, le CRM intégré à votre ERP métier : Everwin, Akuiteo, Fitnet Manager ou Deltek Vantagepoint selon la solution retenue. Il est fonctionnellement plus simple qu’un CRM dédié, mais il supprime la double saisie entre l’opportunité et l’affaire, qui est la première cause d’abandon d’un CRM dans ce métier.
Pourquoi notre CRM n’est-il jamais à jour ?
Trois causes, dans cet ordre : la saisie n’est le métier de personne à temps plein, il existe une double saisie avec l’outil de gestion, et il n’y a pas de raison légitime de relancer un compte, donc les tâches créées ne sont jamais exécutées. Changer d’outil ne traite aucune des trois.
Salesforce ou HubSpot pour une société d’ingénierie ?
Ni l’un ni l’autre dans la plupart des cas. Ce sont d’excellents produits conçus pour des organisations commerciales structurées, avec des équipes dédiées et des cycles de vente qu’ils savent modéliser. Pour un bureau d’études de 30 à 80 personnes où les ingénieurs vendent à temps partiel, le coût d’administration et la complexité dépassent le bénéfice.
Un CRM permet-il de réactiver des clients qui ne consultent plus ?
Il permet de les identifier : un filtre sur la date de dernier échange suffit. Il ne fournit pas la raison d’appeler, qui est le vrai obstacle. La liste des comptes dormants est facile à produire et ne déclenche aucune action tant que chaque ligne ne porte pas un motif technique concret.
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